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Hommage à Notre Dame

Une cathédrale phare de l’Europe et dans l’Histoire

La chute de la flèche de Notre Dame de Paris au soir du 15 avril dernier donne naturellement une résonance particulière au titre de ce concert, ne manquant pas d’interroger : s’agit-il d’un hommage à la Mère des mères ou à l’édifice ravagé ? Si Marie et la Nativité sont dans ce programme un fil conducteur de contenu, il y a effectivement un lien avec l’évènement traumatisant d’il y a quelques mois. Il a beaucoup été dit sur ce qui avait été perdu dans cet incendie, mais moins sur ce qui doit être mis en lumière : malgré les dentelles de pierre éboulées, Notre Dame de Paris reste un repère, religieux, historique, et, cela n’a pas été tant que cela souligné, musical. Il faudra plus d’un incendie pour ébranler ces fondations-là.

Le développement des pratiques musicales ne sont pas identiques dans toutes les cultures. Certaines, au cours de leur histoire, ont privilégié la complexité rythmique, d’autres l’ornementation mélodique (comme certains répertoires anciens de plain chant d’ailleurs). L’Occident, à l’aube du XIe siècle, s’intéresse à associer des voix ensemble, deux, puis trois, puis quatre… Cet essor européen de ce qui devient notre Polyphonie trouve ses modèles au sein de la Cathédrale de Notre-Dame, foyer de création musicale dès le siècle suivant. Ses représentants fameux, Léonin, milieu du XIIe siècle, puis Pérotin, à peine plus tard, ont développé des formes musicales variées : organum, motet, chant sur le livre, reprises par la suite tant à l’étranger que dans la musique profane.

De la polyphonie à l’harmonie

Cette façon de penser la musique comme des lignes à assembler a évolué au cours du temps vers un assemblage plus vertical, l’harmonie, aussi le programme met-il en regard ces deux pratiques contrastées avec une première partie centrée sur les origines, et une seconde sur ce qu’elle a permis de produire. Les oeuvres emblématiques laissées par nos compositeurs de l’Ars Antiqua élèvent le graduel de Noël Viderunt omnes en organum à deux voix (Léonin) puis à quatre voix (Pérotin). Ces organum écrits pour voix égales, seront chantés ici par des chanteurs ou des chanteuses.

Hommage à la Mère des mères, sur un mode romantique

Dans la seconde partie, centrée sur le répertoire religieux des XIXe et XXe siècle, l’orgue s’invite pour porter les voix à chanter Notre-Dame comme mère de tous les enfants, en ce temps de préparation de la Nativité. Les compositeurs choisis sont pétris de cette culture musicale telle que celle de l’école Niedermeyer ou du Conservatoire de Paris, lieux d’enseignements qui ont fait suite aux écoles-cathédrales après la Révolution. Ils ont pour nom Camille Saint-Saëns, Charles Gounod, César Franck, Giuseppe Verdi, Anton Dvorak, et leurs Ave Maria sont tous différents…

Gageons que la Cathédrale Notre-Dame de Paris n’a pas fini de nous élever ; en musique, en tout cas, elle n’est jamais tombée.

Alleluya Nativitas

Organum Alleluya Nativitas (Pérotin)

Ténor 1

Ténor 2

Basse

Aspiration (Elgar)

Ave Maria (Saint-Saëns)

Domine non secundum (Franck)